CGEM : vers la réhabilitation de l’acte d’entreprendre
La semaine dernière CGEM a connu une élection consacrant la victoire de Meriem Bensalah Chaqroun. Une élection pour le moins inédite puisqu'elle a eu le mérite de porter pour la première fois une femme à la tête du patronat arabe et africain. Cela dit, la principale particularité de cette élection réside à mon avis dans l'objectif affiché par la nouvelle présidente de faire de l'acte d'entreprendre, le cheval de bataille de son mandat.
A cet effet, J'aimerais revenir sur quelques points constitutifs à mon sens de cet acte d'entreprendre, lequel me tient particulièrement à cœur et dont, à plusieurs reprises, j'ai essayé d'en appréhender les différentes facettes.
Ainsi, la réhabilitation de l'acte d'entreprendre passe par la stimulation de l'initiative privée et la promotion de l'investissement privé notamment auprès des jeunes. En effet, l'idée même d'une réhabilitation de l'acte d'entreprendre repose, avant toute chose, sur le fait de rendre l'entreprenariat accessible aux jeunes en donnant la possibilité à tout un chacun d'user de son savoir-faire et de ses compétences, et de les mettre efficacement à profit. Car, s'il faut le rappeler, l'entreprenariat demeure encore mal appréhendé par les jeunes, pour la plupart peu ou mal informés.
Ce qui nous conduit, presque logiquement, à penser, à opérer une sorte de démystification de cet acte d'entreprendre, laquelle repose à mon sens sur au moins trois facteurs. Le premier étant la sensibilisation des jeunes à la création d'entreprise à travers l'instauration d'un système éducatif à même de leur inculquer cet esprit. Le monde de l'enseignement étant le plus souvent décalé du monde de l'entreprise et des exigences de celle-ci. Le deuxième facteur étant le renforcement dispositif d'accompagnement des jeunes porteurs de projets mis en place par les pouvoirs publics et qui reste perfectible à plusieurs égards. Car s'il existe une réelle volonté politique de soutenir et d'accompagner ces jeunes, les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous. Le troisième facteur, et non des moindres, réside dans le fait de sensibiliser ces jeunes à la culture de l'échec en leur donnant les éléments de base pour outrepasser les premiers échecs qu'ils seraient susceptibles d'essuyer. En d'autres termes, préparer ces jeunes à capitaliser sur leurs échecs, à en tirer le maximum d'enseignements pour ensuite rebondir.
Le nouveau programme de la CGEM met en avant la nécessité d'ouvrir celle-ci aux jeunes entrepreneurs et d'impliquer davantage le patronat dans le plan émergence ainsi que dans les politiques de soutien à l'export, notamment vers l'Afrique subsaharienne.
Un programme fort ambitieux dont la réalisation passe par la mise en place d'un partenariat économique avec l'état. Un partenariat aux bénéfices mutuels, porteur de développement et de croissance pour les entreprises marocaines, qui aurait pour principal axe stratégique la notion de patriotisme économique et tout ce qu'elle implique en termes de progrès socio-économique. La conclusion d'un partenariat aux bénéfices mutuels avec les syndicats est tout aussi importante puisqu'elle devrait permettre d'instaurer un dialogue constructif et garant des intérêts des uns et des autres.







Commentaires
Reste un élément important que vous avez souligné à juste titre ; celui de l'esprit d'entreprise.
Je suis curieux d'avoir votre avis sur l'importance de cet esprit entrepreunarial dans la réussite de tout projet de création.
Dit autrement, sensibiliser et accompagner sont-ils suffisants ? ou faut-il "introduire" dans nos sociétés le goût du risque ? la valorisation de l'esprit d'entreprendre, malgré les accidents de parcours ?
Un parallèle me vient à l'esprit ; le sport et toutes les vertus qu'il nous apprend...
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