Entreprendre en Afrique
En décembre 2010, Saham a pu se porter acquéreur du groupe Colina, qui réunit quinze compagnies d’assurance opérant dans onze pays africains.Ce type d’opération aurait été irréalisable envers des pays à économie totalement mature.
Avec Colina, grâce au caractère spontané, souple et réactif de ses possibles évolutions, tout reste possible. L’optimisme règne.
Je découvre dans ses filiales des ressources humaines de grande qualité.
Leurs managers savent remarquablement s’adapter à des circonstances locales rudes, car ils sont constamment en prise avec des instabilités politiques, voire des risques pour leurs personnes et leurs familles. Ils s’efforcent de trouver des solutions, plutôt que de s’apitoyer sur leur sort… L’adaptabilité de tels opérateurs est un excellent antidote à l’encroûtement que l’on déplore souvent dans nos contrées, autant chez nos jeunes que chez nos adultes. Ces dirigeants atypiques ont beaucoup à apprendre de leurs homologues marocains ou européens, mais ils ont aussi tellement d’enseignements à nous offrir ! Ils excellent, notamment, dans l’art de garder le moral quand les conditions deviennent subitement difficiles. Saham ne compte pas en rester là, mais ambitionne de s’imposer davantage dans la course à l’expansion africaine. D’autant que le marché subsaharien des assurances entame la dernière étape de sa reconfiguration. Laquelle a été fortement impulsée par la création de la zone CIMA à l’issue de la Conférence Interafricaine des Marchés tenue en 1992.
D’autres entreprises marocaines se sont essayées au partenariat Maroc-Afrique, avec des succès remarquables. Ce pourrait être le début d’une belle aventure si, les uns et les autres, nous apprenions à construire des projets équitables, où l’on retire son profit tout en permettant au partenaire de recueillir aussi sa part. Cette mise en commun de moyens et de savoir-faire, ce rêve partagé, me paraissent porteurs de grands desseins. Il suffirait que nos partenaires africains et nous-mêmes sortions des attitudes timorées qui trop souvent nous inhibent.
Le continent africain offre une multitude d’opportunités pour entreprendre. On peut y innover sans déployer des efforts disproportionnés de recherche et d’innovation. La longueur d’avance technologique y est moins impérative qu’en Occident ou dans la zone Pacifique. Il suffit de structurer son offre, de veiller à ce qu’elle corresponde aux attentes de la clientèle. Cette considération géographique est pour nous un premier atout. Le fait que le Maroc soit un « hub » entre l’Europe et l’Afrique est un second facteur positif. Etre conscients de ces avantages géostratégiques est un bon début ; les mettre à contribution pour développer notre économie est une deuxième étape, opportune bien que pas toujours facile à franchir.







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