L'audace d'entreprendre, le blog de Moulay Hafid Elalamy

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Maroc-Afrique : vers une opérationnalisation de la notion de « zone tampon »

La croissance permet de créer de vrais emplois, c'est-à-dire répondant à une demande réelle. Cette règle économique est intangible et s'applique en tous pays libéraux.

Pour créer de la croissance, il faut accompagner le mouvement de nos acteurs économiques, de la vaste institution à la très petite entreprise. Nos opérateurs doivent sans cesse chercher de nouveaux marchés, offrir des produits innovants. Ils doivent ratisser les possibilités de l'international, tout particulièrement en Afrique, continent dans lequel nous sommes à la fois ancrés et partie-prenante. Notre « plate-forme africaine » est à ce titre efficace et prometteuse. Elle fonctionne déjà avec grand succès dans des secteurs pilotes à l'instar de la banque, des assurances, des télécoms ou encore de la construction, etc.

Toutes les entreprises ont-elles leur rôle à tenir dans ces repositionnements stratégiques indispensables à la croissance ? Oui bien sûr, des plus grandes jusqu'aux PME. Leurs contributions sont faciles à énumérer : innovation, création d'emplois, exportations pour porter l'image et les intérêts du pays. Elles font, en quelque sorte office, de catalyseur de notre économie et donc de notre rayonnement global.

Depuis quelques années, du fait de l'émergence économique de notre pays, celui-ci devient à son tour attractif pour des habitants d'Afrique subsaharienne. Nous nous trouvons en situation de créer des emplois pour de nouveaux flux de ressources étrangères.

Alors, positivons notre place de « zone tampon » : nous sommes à-même de transformer cette notion un peu flottante en un authentique atout régional pour créer de vraies aires de prospérité, intimement liées au continent européen et ouvertes aux peuples du Sud. Seule une zone d'équilibre au sud de la méditerranée permettra d'organiser les flux migratoires selon les meilleurs intérêts des deux continents. Je regrette à cet égard que le projet de co-développement relatif au pourtour méditerranéen, porté par la France, ait été quasiment torpillé par les pays d'Europe du Nord. Quelle attitude contreproductive ! En effet, les anciens schémas de coopération « Nous aidons les pays du Sud en leur accordant des prêts ou en leur faisant des dons » se sont essoufflés et ne sont plus viables. Désormais le salut commun passe par le « Travaillons ensemble, chacun dans sa partition, de façon bien orchestrée ». Il n'y a rien d'idéaliste et d'inatteignable dans cette proposition.

De nombreux acteurs économiques l'exercent déjà autour de la méditerranée, dans une optique gagnant-gagnant et se félicitent d'ores et déjà de ses effets positifs. L'objectif est de trouver des capacités de création de richesses qui permettent aux gens de se prendre en main localement. Si l'Europe du bassin méditerranéen ne se préoccupe pas de l'avenir de l'Afrique, en contribuant à y monter des projets créant de la valeur ajoutée, et si les pays du Maghreb eux-mêmes ne s'intéressent pas au sort du continent noir, les frustrations, les violences et les flux migratoires s'amplifieront, au gré du chômage et des famines.

Ces phénomènes ne concernent pas que les prestations sous-qualifiées. Prenons l'exemple des ingénieurs. Il devient patent que la France et la majorité des pays européens en manquent. Nous en avons sur le continent africain, qui sont pour une bonne part au chômage, du fait d'une industrie encore trop embryonnaire. Ces jeunes experts peuvent très bien, grâce à internet, devenir sous-traitants d'entreprises européennes. Les responsables politiques râlent un peu à ce sujet, mais ils ne peuvent s'opposer longtemps à cet état de fait. En outre, toutes ces formes de co-développement incitent les jeunes Africains, à maîtriser les langues étrangères, étendant ainsi le bénéfice mutuel à la culture.

J'ai l'intime conviction que le Maroc a su, ces dernières années, proposer à ses partenaires européens des options innovantes. Nous avons pour cela valorisé l'atout stratégique de notre situation géographique entre l'Europe et l'Afrique subsaharienne. Un atout qui ne pourra réellement se matérialiser qu'à travers une mobilisation de l'Afrique !

Commentaires  

 
0 #1 ivan cascon 21-08-2012 01:23
Salam malaycum,

I am a spaniard married to a moroccan with a experience in the gulf area.

The largest problem of all emerging muslim countries it is the lack of economic integration among them. The exclusion of the Vast Majority of the arab population that only speak arabic from foreign trade are national tragedies. Trade and change regimes make it also very difficult to invest abroad.

Turkey has been able to develop a large export oriented industry and they did that mainly based in internal parts of turkey, not the tradittionally more exposed to foreign trade, bravo!

In Morocco you can see this in the streets of the popular neighbourhoods where too many people are decdicated to construction related activities.

Anyway i wanted to express my personnal greetings for a very fresh and positive attitude, congratulations ! I will be very happy to keep in touch, of course.

Salam malaycum
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