L'audace d'entreprendre, le blog de Moulay Hafid Elalamy

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Vision de l’entreprenariat

Par des actes stratégiques puissants et bien concertés, on peut influer sur le cours des choses. Sont emblématiques de ce pouvoir d’inflexion les actions qui visent à épanouir la société tout en concrétisant ses rêves, en puisant dans sa matière grise, en matérialisant ses idées, en actionnant les leviers de ses compétences.

Elles illustrent que s’impliquer dans l’essor collectif, tout en cultivant ses intérêts particuliers, s’intègre au développement commun et constitue aussi un plaisir personnel. Réaliser de beaux projets est autrement plus palpitant que simplement lever les bras en invoquant des circonstances indépendantes de notre contrôle! Une telle attitude positive incarne la démarche des créateurs d’entreprises.

Avoir la volonté d’entreprendre est une chose, prendre une bonne direction est un second défi. Suite à une idée d’entreprise, face au marché qu’on lui devine, avant de tirer dur sur les avirons, le mieux est d’abord de s’accorder un temps de pause. Objets de la réflexion : D’où partons-nous ? A quoi voulons-nous parvenir ? De quels moyens d’évolution disposons-nous ? Quelles expériences extérieures seraient-elles mobilisables pour nous guider ?

Une première précaution à respecter, dans ces phases préalables d’orientation, est de se souvenir que comparaison n’est pas toujours raison. Notre jugement doit en effet apprécier les écarts d’environnement entre des modèles externes et notre propre contexte. Il s’agit d’analyse et de bon sens, mais aussi de patience : les délais ne sont pas forcément transposables. Sachons donc, le cas échéant, donner du temps au temps. Un phasage plus long qu’espéré, avant l’obtention de premiers résultats, ne signifie pas qu’il faille renoncer ou tout reprendre à zéro : ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain ! Par exemple ce qui a été fait, par exemple à Dubaï, ne nous est pas transférable par simple copier-coller. Soucions-nous, lorsque nous procédons à ces salutaires tours d’horizon pré-entrepreneuriaux, de savoir adapter ce que nous y découvrons.

Pour être visionnaire, il faut porter en soi une part de rêve. Ce n’est pas sans risque. Celui qui réussira dans l’entreprise montera sur un piédestal, mais il restera sous la menace d’être foudroyé à tout moment, pour une multitude de bonnes ou de mauvaises raisons. Pour sa part celui que l’échec aura atteint tombera, dans le meilleur des cas, au plus profond de l’oubli.

Je suis convaincu que les entreprises ont un métabolisme analogue à celui des individus. Elles émargent en quelque sorte au vaste registre de l’humanité. Le temps y active les mêmes types de rouages. Les uns et les autres portent à l’épaule le baluchon de leur expérience. L’écart qui distingue les tempéraments les plus avisés est le suivant : l’aptitude à ranger méthodiquement, dans cette base de données, les acquis de leur vie. Les uns sauront ressortir ces éléments de façon opportune et adaptée, face à de nouveaux dangers. Ils trouveront rapidement l’événement répertorié dans leur besace qui ressemblera le plus au problème posé. Avec quelques analyses et adaptations, ils trouveront la solution puis ajouteront cette nouvelle expérience au catalogue de leur baluchon… Les autres se contenteront de vider tout le contenu par terre et piocher au hasard dans la collection de leurs vécus antérieurs.

Aux origines était le temps… Cette denrée subtile et périssable est en effet la base du régime quotidien de nos structures économiques. L’intendance de ce bien précieux ne se fait pas à la petite semaine, elle demande avant tout de la méthode. Un ordre du jour, des rapporteurs explicites, des contradicteurs fondés dans leurs arguments, une bonne gestion du temps de débat et des comptes-rendus fidèles : avec de tels ingrédients, le travail collectif a de bonnes chances d’avancer au mieux des intérêts de chacun. Une telle démarche structurée vaut bien mieux que l’empirisme, dont chacun fera une lecture différente, et dont plus personne ne se souviendra du traitement apporté lorsqu’une difficulté de même ordre se représentera quelques années plus tard. « Quiconque ignore l’histoire est condamné à la revivre ».

 

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